l'euro

Le billet de 50 francs sera remplacé par l'euro en 2002, à peine dix ans après sa première parution. Il ne joue qu'un rôle temporaire, introduit à la fin d'une époque où chaque pays de l'Europe a son propre système monétaire. Bientôt, pour unir l'Europe occidentale, certains pays partageront la même monnaie : l'euro.

Quelle est la différence entre le rôle du billet de 50 francs, et le rôle du billet de 50 euros ? Pourquoi la Banque de France n'a t-elle pas attendu l'euro au lieu de sortir une nouvelle gamme de billets quelques années avant son arrivée ? Comprendre ces questions nécessite une étude des billets en euros.

Comme la nouvelle gamme des billets français, les billets en euros ont été conçus avec des thèmes visuels très précis. Dans la section qui s'intitule « Les billets », le Caisse d'Epargne de Flandre explique les thèmes des billets en euros, comme choisis par le Conseil de l'IME.1 Le graphisme des billets en euros s'inspire de « trois grands éléments architecturaux que sont les fenêtres, les portails et les ponts, les styles architecturaux qui caractérisent sept " âges " de la culture européenne ».

Ainsi le billet de 50 francs commémore la modernité, tandis que le billet de 50 euros commémore l'antiquité. Le billet de 50 francs rappelle la France du Petit Prince et son créateur, ce qui sert à glorifier la France, tandis que le billet de 50 euros rappelle à l'Europe son passé commun, et sert à réunir les européens. Plus profondément, le billet de 50 francs évoque un lieu de mémoire2 par le rituel journalier de l'échange de l'argent. Mais le billet de 50 euros ne commémore pas un lieu de mémoire ; il cherche plutôt à en créer un.

C'est peut-être pour cette raison que la Banque de France a publié le nouveau billet de 50 francs en 1992, bien qu'au même moment un traité était signé à Maastricht pour prévoir « l'instauration d'une monnaie unique en Europe ». Dans les années qui suivirent, elle publia également les nouveaux billets de 100, 200, et 500 francs. Ces billets furent la dernière chance pour la Banque de France de démontrer sa capacité à « fabriquer de véritables chef-d'œuvre », comme l'a déclaré la Compagnie Générale de Bourse à la fin de son Histoire des billets Français.